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Tali Amitai-Tabib – série Camondo

 

Presque tout mon travail de photographie a pour sujet des espaces « vides ». A mon avis, plus que tout, ce vide exprime la présence humaine. Au spectateur qui observe ces images, je laisse la possibilité et l'honneur de choisir qui pourrait les habiter. Au passé, le travail de ceux qui les ont construit, à l’avenir la vie de ceux qui les utiliseront. Je photographie donc un vide plein et chargé.

Jusqu’à récemment je n'étais pas familière avec l'histoire de Moise de Camondo. J'avais seulement entendu parler de l'hôtel particulier et des belles collections qu’il renferme.
D'abord j'ai pensé faire des « images » du musée comme un lieu rassemblant des œuvres d’art. La lumière viendrait des grandes fenêtres magnifiant les objets et soulignant un certain vide.

Plus je lisais et je préparais mon projet, plus je me rendais compte que c'était une histoire totalement différente. J'allais éclairer la figure d’un homme que sa passion pour l’art et sa fortune poussèrent à bâtir un écrin réunissant sa famille et ses précieuses collections.
J’ai rarement eu l'occasion d'entrer dans la vie des gens comme je suis entrée dans celle de cet hôtel particulier. « La présence de l’absence » est si présente que je pourrais presque entendre leurs pas sur le plancher.

Strates après strates la funeste saga de cette famille s’est révélée à mes yeux. L'époque où cette maison vibrait de joie, d'amour et de fierté est inscrit dans chaque recoin. Tout comme celle de la mort du fils qui plongea son père dans la tristesse, le désespoir et une profonde solitude. Je pensais à cet homme fier qui avait et qui perdit tout en un instant. Un homme entouré par un personnel pléthorique désireux d’obéir, mais sans la moindre autorité à délivrer. La mort de son fils a vidé la maison  de son essence.

Je ne sais jamais où va se situer le point où mes sentiments affectent les images que je produis. J'utilise la présence et l'absence de la lumière comme un révélateur pour parler des absents, dire leurs histoires de leurs vies : la joie, l'amour, la tristesse, la douleur et la colère.

 

Tali Amitai-Tabib,
Tel Aviv, juillet 2009

 

 

 

 

The author’s space
Bureaux d’écrivains et poètes israéliens.

 

Nous lisons des livres sans être jamais amenés à rencontrer leurs auteurs. Les médias nous en parlent, nous montrent une image publique et nous donnent ainsi l’illusion de les connaître. Dans le projet The author’s space, j’ai essayé de tirer leur portrait au-delà de la présence physique en photographiant leur espace le plus intime : leur bureau.

Dans mes séries sur les bibliothèques, les musées et les salles de concert, nous nous trouvons en présence d’espaces publics, façonnés tant par des architectes que par les générations successives d’œuvres exposées. Ici, l’espace est organisé par l’artiste pour son propre travail.

Un second axe de réflexion m’a paru pertinent : confronter l’intemporalité de lieux destinés à perdurer avec la vie éphémère d’un bureau qui disparaîtra en même temps l’écrivain qui l’utilise. La littérature israélienne contemporaine se produit dans ces lieux de travail et j’ai cherché à fixer dans le temps leur réalité physique, comme un moyen d’approcher le concept de l’inspiration artistique.

 

Tali Amitai-Tabib

Tel Aviv, 2007

 

 

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