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Le travail de Palacio est riche. Visuellement d’abord : les toiles sont brutes et malgré l’ironie latente la peinture touche. Enrichie par une mise en scène textuelle aussi inutile que poétique, le bout de série 203 qui nous est donné de voir réussit la prouesse de multiplier les références prises à l’extérieur de l’œuvre et de proposer une création qui se suffit à elle-même, et dont l’originalité réside dans une esthétique très personnelle. Ses peintures parlent d’autres arts, d’autres artistes. Ses peintures se parlent entre elles. Ses peintures parlent de lui. Des textes dialoguent avec les images et les 203 tableaux forment une même œuvre. En effet, il s’agit autant d’une oeuvre picturale, que d’une installation, une vidéo ou une oeuvre littéraire. Nous avons rarement eu l’occasion de découvrir une telle puissance esthétique en même temps qu’un tel humour intellectuel.

Clins d’oeil aux différents supports de l’image et du texte, et références artistiques finissent par… « questionner la question » comme disait Leibniz : que voit-on, dans l’image ? A quel point notre perception est-elle conditionnée par son support, par ses références, par son histoire, par… l’inconscient aveuglant ? Tout en questionnant la « mimèsis », l’art ancestral et éternel de l’imitation, Palacio bouleverse les codes, pour donner ou redonner à la peinture une place centrale dans la création contemporaine. Si sa série est une invitation à questionner la place de la création dans l’histoire, elle montre, de l’intérieur, que création et interprétation peuvent coexister ailleurs, sans temps, sans espace : devant le tableau.

Le déroulement de ce travail interroge la relation entre vie quotidienne de l’artiste en tant qu’individu et l’influence de l’art sur cette existence, selon Palacio. L’art vient-il de l’artiste ou de l’individu ? Et finalement qui subit l’autre ? Nous laisserons Paul Ricoeur proposer une alternative : « nos images sont parlées avant d’être vues », disait-il dans un livre intitulé « Du texte… à l’action ». Oubliez notre texte et les reproductions abîmées par le numérique, et allez voir ces peintures : l’émotion et la grandeur ne s’enferment pas dans la grammaire alors… les peintures vous parleront mieux que nous.

 

Axelle Emden, culture & cie

Paris, 2008

 

 

 

 

 

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